N° 166 : Faire mémoire du désastre - Les catastrophes naturelles au Québec
Les catastrophes naturelles fascinent autant qu’elles inquiètent. Que ce soit par la production d’œuvres de fiction, de documentaires ou tout simplement de contenu diffusé sur le Web, les images auxquelles nous sommes exposés nous permettent de prendre conscience de nos vulnérabilités face aux forces de la nature qui semblent, à l’aune du XXIe siècle, de plus en plus intenses. Au cours des dernières années, les ravages causés par certains événements ont poussé les autorités civiles à prendre des décisions difficiles : afin de s’adapter aux aléas naturels, des bâtiments ou même des quartiers complets ont été déplacés comme ce fût le cas à Sainte-Marie en Beauce à la suite des inondations de 2019.
Ce type de réaction n’est pas nouveau. Au cours des quatre derniers siècles d’occupation du territoire, les populations ont développé des stratégies d’adaptation pour faire face aux différentes catastrophes naturelles auxquelles elles ont été confrontées.
À certains endroits, la décision est prise de déplacer le noyau villageois; à d’autres, les désastres forcent l’abandon de zones habitées; et ailleurs, on redouble d’efforts pour assurer la persistance des installations sur les sites sinistrés. Pour décider de la meilleure méthode, il faut connaître les risques. Pourtant, si la mémoire collective retient quelques événements majeurs, de nombreux autres tombent dans l’oubli et certains en viennent à être sous-estimés. C’est pourquoi, au Québec, le ministère des Transports et de la Mobilité durable ainsi que le ministère de la Sécurité intérieure ont mis en place un projet qui vise à recenser les catastrophes naturelles sur son territoire depuis les débuts de l’implantation européenne.
Faire l’histoire des catastrophes naturelles au Québec est un immense chantier qui traite d’un sujet peu exploré, l’étude de ces phénomènes demandant parfois une compréhension à la fois historienne et géophysique de l’événement. Ce numéro thématique est né d’une initiative des membres du projet Historique des catastrophes naturelles et il rassemble les contributions d’experts provenant de différents domaines afin de favoriser une approche multidisciplinaire.
Éric Légaré Roussin et Jean-François LeBlanc