Par : Sylvie Tremblay
En effet, une recherche dans les registres d'état civil de Notre-Dame de Québec, m'a permis de retracer des actes de baptême pour 14 enfants entre le 1er décembre 1758 et le 12 décembre 1780. À la naissance de son quatorzième enfant, Marie Élisabeth Morin est âgée de 38 ans, et «les fièvres» entraînent sa mort, neuf jours plus tard; l'enfant, prénommée Marie Charlotte, placée en nourrice à Saint-Augustin, en banlieue de Québec, était décédée la veille, le 20 décembre 1780. Lors du décès de son épouse, Pierre Guillaume Bruneau devient responsable de l'éducation de neuf enfants, dont huit parviennent à l'âge adulte. À l'été 1786, Pierre Guillaume retourne en France pour un voyage d'affaires, et trois ans plus tard, nous le retrouvons de nouveau à Québec. À partir de 1792, il demeure en alternance à Montréal et Saint-Cuthbert, où deux de ses filles, Louise et Élisabeth ont épousé des membres de la famille Destrampes; il poursuit sa carrière dans le commerce des fourrures, étant qualifié de marchand pelletier, fourreur, ou manchonnier. Pierre Guillaume Bruneau est inhumé le 31 mai 1809 dans le cimetière de Saint-Cuthbert.
Si dans le cadre de cette recherche, je me suis attardée à la descendance de Pierre Bruneau, fils aîné de Pierre-Guillaume et père de Julie Bruneau-Papineau, je me dois de mentionner la descendance d'Antoine, établi au Manitoba et qui, de son union avec une métisse, a eu un fils François-Jacques, baptisé à Montréal le 28 octobre 1814, qui a joué un rôle majeur dans l'histoire de cette province. Un autre fils de Pierre-Guillaume, François a été à son tour le père de trois fils: François-Pierre, seigneur de Montarville, conseiller législatif et receveur général du Canada, Jean-Casimir, juge de la Cour supérieure du Québec, et Olivier-Théophile, médecin et professeur à la faculté de médecine de l'Université McGill. Pierre Bruneau naît à Québec le 22 juillet 1761; à l'âge de 10 ans, il entreprend des études au petit séminaire de Québec jusqu'en 1780. Par la suite, son père l'initie au travail de la fourrure, mais rapidement, le fils diversifie ses activités dans le secteur alimentaire et vestimentaire. En 1788, Pierre Bruneau s'installe à la basse ville de Québec sur la Place du Marché, aujourd'hui connu sous le nom de Place-Royale. En 1810, il est élu député de la basse-ville de Québec; parmi ses collègues de la chambre d'assemblée, figurent Joseph et Louis-Joseph Papineau.
Le 30 août 1785, est célébré à Québec le mariage de Marie Anne Robitaille et de Pierre Bruneau. L'épouse est issu du même milieu social, puisque son père, Pierre Robitaille, pratique lui aussi le métier de tanneur et marchand pelletier. Parmi les collatéraux immédiats, mentionnons Pierre Robitaille fils, prêtre séculier, Louis Robitaille, marchand orfèvre, Jean Nicolas Amiot, orfèvre et René Kimber, marchand. Seize enfants voient le jour de cette union entre 1786 et 1804; sept enfants meurent en bas âge dont quatre petites filles toutes prénommées Marie Anne. Julie, la huitième enfant est née le 19 janvier 1795 et a été baptisé le même jour à l'église Notre-Dame de Québec. Si aujourd'hui, elle occupe un rang de vedette, elle a vécu toutefois dans l'ombre de son mari, «le grand Papineau», du jour de son mariage célébré le 29 avril 1818 à Québec, jusqu'à celui de son décès le 18 août 1862 dans son manoir de Montebello. D'autres filles de Pierre Bruneau ont contracté des unions matrimoniales dignes de leur rang social: Anne Luce avec Toussaint Cherrier, musicien et organiste, cousin de Louis-Joseph Papineau, Geneviève avec Lewis Stuart Park, médecin, et Rosalie avec François Xavier Mailhiot, seigneur de Verchères. Trois fils choisissent la pratique du droit et sont reçus avocat: Philippe, Denis Nazaire, et Théophile. Enfin, si l'aîné, Pierre Xavier, suivit les traces de son grand-père dans la voie commerciale, René Olivier répond à l'appel de Dieu et devient prêtre séculier; de 1823 à 1864, il est curé de Verchères et y accueille de nombreux membres de sa famille. Devenue veuve le 13 avril 1820, Marie Anne Robitaille ira demeurer chez son fils René-Olivier au presbytère. Elle meurt à cet endroit le 26 juillet 1851.
Cette recherche a été réalisé dans le cadre de l'exposition «L'époque de Julie Papineau 1795-1862» présentée au Musée de l'Amérique française.
http://www.genealogie.org/famille/papineau
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