La famille Laliberté
Alfred Laliberté, 1878-1953


Par : Sylvie Tremblay

De nos jours, le mot « cirque » est étroitement associé avec le nom Laliberté porté par Guy, fondateur du Cirque du Soleil. En réalité, le patronyme Laliberté est un surnom porté par plusieurs ancêtres différents venus de France au XVIIe siècle. Le site Web du Programme de recherche en démographie historique de l’Université de Montréal (www.genealogie.umontreal.ca) fournit plusieurs noms d’ancêtres qui ont tous porté eux-mêmes ou leurs descendants le surnom évocateur de Laliberté : Mathurin Colin, François Huard, Nicolas Jean Vinet, Nicolas Senet, Gaspard Roiroux, Nicolas Lehoux et Jean Hervé. Toutefois, il semble qu’une bonne partie des Québécois portant le nom de Laliberté soient des descendants de Bernard Laisné. C’est notamment le cas de Guy, fondateur du Cirque du Soleil, d’Alfred, sculpteur, et de Jean-Baptiste, marchand.

Bernard Laisné est baptisé le 27 avril 1656, à Chastelauden en Bretagne. Fils de Guillaume Laisné et de Luce Lesnard, il arrive en Nouvelle-France probablement au cours de l’été 1677. Le 10 janvier 1678, il est présent au mariage de Jean Riou, un compatriote breton, avec Catherine Leblond, célébré dans la paroisse Sainte-Famille de l’île d’Orléans. Au cours de l’année 1678, il devient le domestique de Marin Nourice et tombe sous le charme de la fille de la maison, Jeanne. Le 21 décembre 1678, le jeune couple agit comme parrain et marraine de Geneviève Martin.

Un projet de mariage est dans l’air puisque Jeanne Nourice et Bernard Laisné signent un contrat de mariage le 14 mars 1679 devant le notaire Romain Becquet. Toutefois, les fiançailles sont rompues et Bernard Laisné quitte la maison des Nourice. À compter du 30 août 1679, on le retrouve dans la demeure de Christophe Martin. Marin Nourice poursuit en justice Bernard Laisné et exige des dédommagements, ce à quoi Bernard Laisné réplique en affirmant que Marin Nourice lui doit des honoraires en tant que domestique. La cause ira jusque devant le Conseil souverain, au mois de février 1682. Malheureusement, le dénouement de la cause est inconnu.

Au cours de l’été 1679, Bernard fait la connaissance d’Anne Dionne, fille d’Antoine Dionne et de Catherine Ivory. La date de leur mariage est inconnue, mais le 30 mars 1680, Anne Dionne est qualifiée comme étant l’épouse de Bernard Laisné. Le couple aura quinze enfants entre 1681 et 1711. Plusieurs meurent en bas âge et seulement deux fils, Pierre et Charles, vont perpétuer les noms de Laisné et de Laliberté. Six filles contractent des unions matrimoniales avec des membres des familles Arrivé, Lamothe, Dasylva, Brosseau et Tareau.

Durant les premières années de leur mariage, Bernard et Anne vivent chez Antoine Dionne dans la paroisse Sainte-Famille. En 1685, Bernard achète la terre d’Élie-Joseph Gauthier localisée dans la paroisse Saint-Jean au coût de 100 livres; deux mois plus tard, le sieur Villeray lui concède la terre voisine. Ainsi, Bernard possède une terre de six arpents de front sur le côté sud de l’île d’Orléans. C’est à cet endroit qu’il meurt le 24 octobre 1715. Anne Dionne lui survit jusqu’au 11 octobre 1728.

Parmi les descendants de Bernard Laisné, dit Laliberté, quelques-uns se démarquent. Le sculpteur Alfred Laliberté est né le 19 mai 1878 à Sainte-Élisabeth-de-Warwick. Il suit des cours de dessin et de modelage au Conseil des arts et manufacture à Montréal de 1898 à 1901 et poursuit ses études à Paris en 1902. L’œuvre d’Alfred Laliberté regroupe principalement des sculptures réalisées dans différents médiums. Il est reconnu pour la qualité de ses bustes de personnages historiques et religieux. Six de ses œuvres décorent la façade de l’hôtel du Parlement de Québec. De plus, Alfred a partagé son savoir en enseignant à l’École des beaux-arts de Montréal dès son ouverture en 1922. Il est décédé le 13 janvier 1953 à Montréal et est inhumé au cimetière Côte-des-Neiges. Il avait épousé Jeanne Lavallée, le 22 juin 1940 à Montréal.

Fondé en 1867 et situé rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch à Québec, le magasin J. B. Laliberté est reconnu comme l'une des plus importantes maisons de fourrure au Canada. Jean-Baptiste Laliberté pratiquait le métier de tanneur dans le même quartier. Marié en 1840 avec Élisabeth Labrecque, il a eu un fils prénommé aussi Jean-Baptiste, né en 1843. Il a probablement enseigné les rudiments de la tannerie à son fils qui, à son tour, devient fourreur et fonde le magasin.

Ascendance d’Alfred Laliberté

Bernard Laisné, dit Laliberté, et Marie-Anne Dionne
Pierre Laisné, dit Laliberté, et Marguerite Plante, 20 janvier 1730, Saint-Jean, île d’Orléans
Pierre Laisné, dit Laliberté, et Angélique Allaire, 9 novembre 1750, Saint-Jean, île d’Orléans
Louis Laisné, dit Laliberté, et Madeleine Marcoux, 7 juillet 1778, Saint-Michel-de-Bellechasse
Charles Laisné, dit Laliberté, et Élisabeth Bolduc, 11 octobre 1814, Saint-Vallier
Prudent Laisné, dit Laliberté, et Basilisse Lepage, 30 avril 1850, Saint-Isidore
Joseph Laliberté et Marie Richard, 29 février 1876, Saint-Médard-de-Warwick
Alfred Laliberté et Jeanne Lavallée, 22 juin 1940, Montréal (Saint-Jacques)

Ascendance de Jean-Baptiste Laliberté

Bernard Laisné, dit Laliberté, et Marie-Anne Dionne,
Pierre Laisné, dit Laliberté, et Marguerite Plante, 20 janvier 1730, Saint-Jean, île d’Orléans
Jean-Marie Laisné, dit Laliberté, et Françoise Lefebvre, dit Boulanger, 17 octobre 1775, Saint-Charles-de-Bellechasse
Louis Laisné, dit Laliberté, et Marie Morisset, 9 août 1802, Saint-Henri-de-Lauzon
Jean-Baptiste Laliberté et Élisabeth Labrecque, 2 juin 1840, Beaumont
Jean-Baptiste Laliberté et Elzire Emond, 28 février 1870, Québec (Saint-Roch)