La langue française et la famille Gérin-Lajoie


Par : Sylvie Tremblay

Chaque année a lieu la dictée PGL, un événement éducatif fort populaire qui s'adresse aux élèves francophones. Cet événement est sous la gouverne de la fondation Paul Gérin-Lajoie, créée en 1977, et dévouée à l’éducation de base et au bien-être des enfants et de leurs familles de l’Afrique francophone et d’Haïti. Cette fondation est l’œuvre du premier ministre de l’éducation du Québec et un des pionniers du concept de la francophonie. Né le 23 février 1920, il est le fils d’Henri Gérin-Lajoie et de Pauline Dorion et le petit-fils de Marie Lacoste, dont nous avons parlé dans un numéro précédent. Ses origines familiales remontent aux années 1750 avec l’arrivée de Jean Jarin en Nouvelle-France.

Natif de la bourgade Les Échelles, province du Dauphiné et aujourd’hui département de l’Isère, située à vingt kilomètres au nord de Grenoble, Jean Jarin arrive au pays en tant que sergent dans un détachement des troupes de la marine. Il participe à de nombreuses expéditions et altercations avec les troupes britanniques, notamment à la bataille des plaines d’Abraham, le 13 septembre 1759. Comme le veut une tradition clairement établie entre soldats, il se voit affublé du sobriquet Lajoie en raison de son caractère gai et boute-en-train, n’hésitant sans doute pas à jouer quelques tours à l’occasion. Au fil des générations, ce surnom de Lajoie sera associé au patronyme d’origine pour devenir Gérin-Lajoie.

La première mention officielle de la présence de Jean Jarin en terre d’Amérique consiste en un acte de mariage célébré le 15 janvier 1759 à Sainte-Anne-de-la-Pérade; à l’occasion des noces de Pierre Baribeau et de Madeleine Charest, il agit comme témoin. Par la suite, nous le retrouvons à Yamachiche, le 25 septembre 1760, alors que la même situation se reproduit; il s’agit alors des noces de Joseph Adam, possiblement un confrère d’armes, avec Marie-Joseph Guignard.

Quelques jours plus tard, le 6 octobre 1760, est célébrée l’union de Jean Jarin, fils de Joseph Jarin et de Marie Courtois, avec Madeleine Grenier, fille de François Grenier et de Marie-Joseph Gélinas. Cet événement concrétise l’implantation de Jean Jarin à Yamachiche où désormais se déroulera son existence jusqu’à son décès survenu le 25 février 1799. Jean Jarin effectue des transactions foncières avec des membres de la famille Grenier en 1766 afin de devenir propriétaire de sa propre parcelle de terre. Par la suite, il achète de divers habitants, notamment en 1766, 1769, 1770 et 1786, des terres situées au fief Grand Pré de la seigneurie de Yamachiche, propriété de Conrad Gugy, et toujours propriété de la famille Gérin-Lajoie au début du XXe siècle.

De l’union matrimoniale entre Madeleine Grenier et Jean Jarin sont nés treize enfants entre 1761 et 1783. Au moins six d’entre eux meurent avant d’avoir atteint l’âge de dix ans. Parmi les survivants, trois fils, Joseph, Alexandre et André, se marient à leur tour et auront une nombreuse descendance concentrée principalement dans la Mauricie. Parmi les descendants d’André, mentionnons Elzéar (1843-1887) et Charles (1824-1895) tous deux députés de Saint-Maurice au XIXe siècle, Denis (1846-1923), curé de Saint-Justin de Maskinongé et Antoine (1824-1882), journaliste, écrivain, bibliothécaire du parlement, auteur de la chanson Un Canadien errant et du roman Jean Rivard.

Ascendance de Paul Gérin-Lajoie
Jean Jarin et Madeleine Grenier, 6 octobre 1760, Yamachiche
André Jarin et Ursule Rivard, 27 septembre 1790, Louiseville
Antoine Gérain et Amable Gélinas, 12 août 1822, Yamachiche
Antoine Gérin, dit Lajoie, et Joséphine Parent, 26 octobre 1858, Toronto
Henri Gérin-Lajoie et Marie Lacoste, 11 janvier 1887, Montréal
Henri Gérin-Lajoie et Pauline Dorion, 23 avril 1919, Montréal
Paul Gérin-Lajoie