Les Laforest
Yves Laforest


Par : Sylvie Tremblay

La recherche sur les Laforest peut se révéler pleine de surprises. Il est essentiel pour les personnes portant ce patronyme de remonter jusqu’à l’ancêtre venu de France pour déterminer leurs origines de façon exacte. Un seul ancêtre portait le nom de Laforest et était surnommé Labranche. Par contre, plusieurs hommes ayant divers patronymes avaient Laforest comme surnom.

Pierre Laforest, surnommé Labranche, est natif de la paroisse Saint-Denis, évêché d’Agen en Guyenne. Les circonstances de sa venue en Nouvelle-France sont inconnues. Le 27 mars 1678, monseigneur François de Laval lui concède une terre à la Petite-Rivière-Saint-François. Dans la même seigneurie, mais à Saint-Joachim, réside la famille Fréchette, dont le père, Pierre, vient de mourir, laissant une veuve, Charlotte Godin, et quatre jeunes enfants. Charlotte Godin, fille d’Élie Godin et d’Esther Ramage, est née au mois d’août 1655, en Nouvelle-France. Elle avait épousé Pierre Fréchette à Sainte-Anne-de-Beaupré, le 9 novembre 1671.

Pierre Laforest propose le mariage à Charlotte Godin. Ils s’épousent le 27 juillet 1679. La famille réside à la Petite-Rivière-Saint-François jusqu’en 1685, alors que Pierre Laforest vend sa terre à Julien Fortin, dit Bellefontaine. Les actes de baptême des derniers enfants du couple indiquent que la famille a vécu à Saint-Joachim et dans la région de Montmagny. À l’été 1694, Pierre Laforest est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu de Québec où il meurt le 4 janvier 1695. Dans les archives notariales, on retrouve plusieurs transactions concernant Pierre Laforest et son épouse dans les règlements de succession de la famille Fréchette et Godin. Charlotte Godin convolera en troisièmes noces avec Pierre Gris.

Selon le Dictionnaire des familles du Québec par le regretté René Jetté, vingt hommes portant d’autres patronymes étaient surnommés Laforest. Certains n’ont pas laissé de descendants. Pour d’autres, le surnom Laforest n’a été utilisé que pour quelques générations ou s’est substitué au nom de famille original.

Il s’agit de :

Charles Badier, natif de Mortagne, province du Perche, marié en 1668, avec Catherine Relot.
André Barbeau, natif de Fontenay-le-Comte, marié en 1669, avec Marie Jodon.
Gabriel Benoit, natif de Prix, près de Paris, marié en 1665, avec Marie-Anne Guédon.
Pierre Blanchet, natif de LeVanneau, près de La Rochelle, marié en 1696, avec Marie-Françoise Harel.
Antoine Bordeleau, natif de Dampierre-sur-Boutonne, près de La Rochelle, marié en 1669, avec Perrette Halier.
Jacques Branchaud, natif de Périgueux, décédé célibataire à l’Hôtel-Dieu de Québec, en 1695.
François Chartier, présent à Montréal en 1670 alors que son contrat de mariage avec Marie Thibodeau est annulé.
François Daupin, sieur de Laforest, natif de Paris et décédé à Québec, en 1714. Officier des troupes de la marine, il a été gouverneur du fort Saint-Louis des Illinois et gouverneur de Détroit.
Gabriel Delusas, soldat de la compagnie de Muy décédé à Neuville, en 1685.
Louis Foucher, natif de Sainte-Radegonde du bourg de LesFosses, évêché de Poitiers, marié en 1668, avec Hélène Damours.
Gilles Jean, natif de Saint-Pierre de LaHaye en Lion, archevêché de Rouen, marié en 1674, avec Jeanne Masse. Sa fille, Françoise, est devenue religieuse ursuline.
Julien Joly, d’origine inconnue, qui épouse Catherine Vanet, à Sorel, vers 1698.
Jean Lefort, natif de Firminy en Lyonnais, marié en 1708, avec Marguerite Drousson.
Jean Payment, natif de Sainte-Fortunade dans le Bas-Limousin, marié en 1698, avec Anne Tremblay, fille de mon ancêtre Pierre Tremblay et de son épouse, Ozanne Achon.
Paul Taconnet, né à Fontenay-le-Comte et décédé célibataire, en 1675, à Charlesbourg.
Jean Tavernier, natif de Roëzé-sur-Sarthe, arrondissement du Mans. Il exerçait le métier d’armurier et faisait partie de la Grande Recrue de 1653 pour Ville-Marie. Il meurt à Montréal, en 1660.
Louis-François Tessier, natif de Saint-Martin-de-Saint-Maixent au Poitou, marié en 1728, avec Thérèse Dupuis.
Jacques Testard, sieur de Laforest, marchand natif de la ville de Rouen, apparenté aux familles Leneuf et Godefroy. Il épouse en 1659, à Montréal, Marie Pournin. Ses deux fils, Gabriel et Jacques, embrassent la carrière militaire. En 1712, Jacques reçoit la plus haute distinction militaire alors qu’il devient chevalier de Saint-Louis.
Pierre Trouillard, natif de Romorantin, archevêché de Bourges, marié en 1672, avec Marie Jobidon. Quelques mois après son mariage, il se noie dans la rivière Saint-Charles.
Jean Vinçonneau, présent au Cap-de-la-Madeleine au recensement de 1666 et de 1681. Après, on perd sa trace.

Le plus illustre membre de la famille Laforest est sans doute Yves, né en 1956. Le 15 mai 1991, à 8 h 35, il atteint le sommet du mont Everest avec son compagnon d’expédition, l’Américain Mark Ritchie. Après 60 jours d’expédition, il devient le premier Québécois et le sixième Canadien à gravir les 8 848 mètres de l’Everest. Cette ascension demeure la plus prestigieuse conquête alpine au monde. Yves Laforest l’a réussie à sa première tentative. En 1996, il gravit le mont Aconcagua (6 965 m), le plus haut sommet en Amérique. Ses efforts furent récompensés par de nombreux prix dans le domaine sportif. Yves Laforest est décédé à l’été 2003 alors qu’il participait à une expédition en kayak sur la rivière Incommapleux, en Colombie-Britannique.


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