Sévère et Royal Gagnon, officiers de la Gendarmerie royale du Canada
Royal Gagnon, agent de la Gendarmerie royale du Canada. (Archives de la Saskatchewan)


Par : Sylvie Tremblay

Sévère et Royal Gagnon, officiers de la Gendarmerie royale du Canada L’histoire des Autochtones au Canada est intimement liée à celle de la Gendarmerie royale du Canada. Les origines de la GRC remontent à 1873 alors que la Police à cheval du Nord-Ouest est créée afin d'implanter l'autorité canadienne sur les Territoires du Nord-Ouest (les provinces actuelles de l'Alberta et de la Saskatchewan). L’idée de cette force de police a été conçue par sir John A. Macdonald, premier ministre du Canada et ministre de la Justice, lui-même inspiré par la Royal Irish Constabulary et les unités de fusiliers montés de l'armée américaine.

Le recrutement débute le 25 septembre 1873 à la grandeur du Canada et se termine au printemps de 1874. Environ 275 officiers et hommes, avec chevaux et équipement, quittent Dufferin, au Manitoba, le 8 juillet 1874, et arrivent en octobre dans ce qui est maintenant le sud de l'Alberta. On fait aujourd’hui référence à cet événement comme étant la Longue Marche vers l’ouest.

Les principales tâches de cette force consistent à superviser les traités entre les Premières Nations et le gouvernement du Canada, faire respecter la loi et l'ordre, percevoir les droits de douanes, faire appliquer la prohibition, contribuer au processus de colonisation, assurer le bien-être des immigrants et combattre les feux de prairies, les maladies et la misère.

Sa juridiction est étendue afin d'inclure le Yukon, en 1885, la côte arctique, en 1903, et le nord du Manitoba, en 1912. La Police à cheval du Nord-Ouest est devenue, en 1904, la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest (RGCNO) et, en 1920, la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Cette année-là, elle a aussi absorbé la Police du Canada et est devenue responsable de l'application des lois fédérales dans toutes les provinces et tous les territoires.

Les premiers membres de la force sont principalement anglophones. Parmi les figures les plus marquantes, mentionnons George A. French, Samuel Benfield Steele, Francis Joseph Fitzgerald et Francis Jeffrey Dickens, fils du romancier Charles Dickens. Mais quelques Canadiens français ont aussi joint les rangs de la Police à cheval du Nord-Ouest dont Sévère Gagnon.

Sévère Gagnon est né à Berthierville, le 8 janvier 1845. Après des études au Collège Sainte-Marie, il entre au cabinet de Joseph Doutre et est admis au barreau en 1866. Proche du Parti libéral et attiré par l’aventure, il s’est joint à la toute nouvelle Police à cheval du Nord-Ouest au printemps de 1874 avec le grade de major. Il séjourne dans l’Ouest canadien durant 25 ans où il occupe plusieurs fonctions, dont celle de superintendant, participe à de nombreuses missions de maintien de la paix et joue un rôle actif dans la rébellion du Nord-Ouest de 1885. En 1888, il épouse Emma Royal, fille de Joseph Royal, lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, et d’Agnès Bruyère. En 1900, il quitte ses fonctions pour des raisons de santé et revient habiter à Montréal. Il meurt le 9 mai 1909 à l’Institut ophtalmologique de Montréal et est inhumé au cimetière de Côte-des-Neiges. Son épouse lui survit jusqu’au 9 mars 1949.

De cette union est né Henri Albert Royal, le 20 février 1893, en Saskatchewan. Après des études à Montréal, il se porte volontaire pour le Corps expéditionnaire canadien et sert durant la Première Guerre mondiale en France et en Belgique. Démobilisé en 1919, il suit les traces de son père et joint les rangs de la Gendarmerie royale du Canada, en 1920. Nommé inspecteur, il sert dans plusieurs régions du Canada, soit à Ottawa, en Colombie-Britannique, dans l’Arctique, et finalement au Québec. En 1945, il devient directeur général des enquêtes criminelles au Canada et s’illustre dans l’affaire Gouzenko. Lors de son décès à Ottawa, le 19 novembre 1947, il occupe la fonction de sous-commissaire de la Gendarmerie, le deuxième poste en importance.

Bibliothèque et Archives Canada conservent les archives de la Police à cheval du Nord-Ouest et de la Gendarmerie royale du Canada. L’étendue du fonds est considérable et comprend 990 mètres linéaires de documents. Le fonds d'archives (RG 18) inclut les dossiers du personnel des membres de la Police à cheval du Nord-Ouest qui ont servi entre 1873 et 1904. Je vous invite à visiter le site Web du Centre canadien de généalogie (www.collectionscanada.ca/genealogie) pour en savoir plus.

Titre d’ascendance de Sévère Gagnon

Pierre Gagnon et Vincente Desvarieux, 14 septembre 1642, Québec.

Pierre Gagnon et Barbe Fortin, 6 février 1669, Château-Richer.

Joseph Gagnon et Agathe Bélanger, 17 février 1700, Château-Richer.

Jean-Baptiste Gagnon et Madeleine Bouthillet, 17 avril 1730, L’Ange-Gardien.

Louis-Marie Gagnon et Marguerite Germain, 17 janvier 1777, Yamachiche.

Augustin Gagnon et Mary Ann England, 12 septembre 1796, Trois-Rivières.

François Gagnon et Marguerite Thibodeau, 23 novembre 1829, Saint-Barthélémi.

Sévère Gagnon et Emma Royal, 29 novembre 1888, Régina, Saskatchewan.


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