Les Bourassa
Robert Bourassa, 26e premier ministre du Québec.


Par : Sylvie Tremblay

Deux hommes portant le patronyme de Bourassa ont traversé l’Atlantique au XVIIe siècle. Tous deux sont originaires du département de la Vendée, plus précisément du diocèse de Luçon, mais aucune recherche généalogique en France n’a permis de démontrer l’existence d’un lien de parenté entre les deux hommes. Autre point commun : tous deux ont des descendants qui ont participé à la vie politique du pays, que ce soit sur la scène fédérale ou provinciale.

Jean Bourassa est le fils de Jacques Bourasseau et de Françoise Fouchard. Il serait né vers 1631, à Saint-Fulgent, évêché de Luçon au Poitou. L’acte de baptême de sa sœur Mathurine figure dans les registres de cette localité en date du 17 mai 1641. Le 5 avril 1657, il signe un contrat d’engagement devant le notaire Moreau à La Rochelle pour venir travailler trois ans ici contre un salaire de 90 livres par an. Ayant terminé son engagement, il choisit de demeurer en Nouvelle-France et loue une terre de cinq arpents de front dans la seigneurie de Lauzon, le 5 novembre 1662. Par la suite, il fait l’acquisition de nombreuses autres terres dans cette même seigneurie jusqu’à son décès, survenu le 20 janvier 1718.

Jean Bourassa contracte deux unions matrimoniales, la première avec Perrette Vallée, fille de Nicolas Vallée et de Madeleine Major, le 20 octobre 1665. Elle donne la vie à sept enfants avant de mourir des suites d’un accouchement, le 5 juin 1676. Le 4 novembre de la même année, Jean Bourassa épouse en secondes noces Catherine Poitevin, veuve d’Adrien Isabel. Quatre enfants naissent de cette union. Joseph-Boutin Bourassa (1853-1943), député de Lévis à la Chambre des communes de 1911 à 1925, est un descendant de Jean Bourassa.

Le second ancêtre Bourassa porte le prénom de François et voit le jour vers 1660 dans la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay, près de Montaigu en Vendée. Fils de François Bourassa et de Marie Duga, il quitte la France au début des années 1680. La première mention de sa présence en Nouvelle-France remonte au 16 août 1683. Le 4 juillet 1684, il épouse, au fort de Chambly, Marie Leber, jeune veuve âgée de 18 ans et mère d’un fils.

La famille Leber est très active dans la traite des fourrures, notamment Jacques, oncle de Marie. Intéressé par les profits rapides que procurent cette activité, François s’engage envers René Legardeur pour un premier voyage, le 27 juin 1688. De retour, à l’automne 1689, il signe un nouveau contrat, le 11 mai 1690, pour se rendre à Michilimakinac. Toutefois, il n’est pas de retour à l’automne 1691 comme prévu.

Qu’est-il advenu de François Bourassa? A-t-il connu des mésaventures, été blessé ou fait prisonnier par les Amérindiens? L’incertitude fait place au désespoir puis à la pire des réalités. Marie Leber croit son mari mort et déclare être veuve au mois de septembre 1693. Mais il revient sain et sauf l’année suivante. Par la suite, François Bourassa ne quitte plus sa famille et se consacre à la culture de la terre à Laprairie jusqu’à son décès, survenu le 9 mai 1708, au cours d’une épidémie. Rien n’empêche qu’un de ses fils, René, suit les traces de son père et devient l’associé de Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye pour la traite des fourrures et établit le fort Vermillon (Manitoba), en 1736.

La vie politique fait son entrée très tôt dans la famille Bourassa. François Bourassa, arrière-petit-fils de l’ancêtre, fut capitaine de milice et maire de l’Acadie. De son mariage avec Geneviève Patenaude sont issus François Bourassa (1813-1898), député du comté de Saint-Jean à la Chambre des communes de 1867 à 1896, Médard (1818-1897) prêtre et curé de Montebello et ami de Louis-Joseph Papineau et Napoléon (1827-1916), artiste, peintre, architecte et écrivain, qui épousa à Montebello, en 1857, Azélie Papineau, fille du célèbre orateur. Il ne faut pas oublier non plus le fils de ces derniers, Henri (1868-1952), député de Labelle de 1896 à 1935, et fondateur du quotidien Le Devoir. L’ancien premier ministre du Québec, Robert Bourassa (1933-1996) est aussi un descendant de François Bourassa.

Titre d’ascendance de Robert Bourassa

François Bourassa et Marie Leber, 4 juillet 1684, Contrecœur
Antoine Bourassa et Marie Moquin, 4 avril 1731, Laprairie
Vital Bourassa et Marie Hébert, 1er juin 1772, Laprairie Pierre-Paul Bourassa et Éléonore Brosseau, 16 février 1801, Laprairie
Hyppolite Bourassa et Louise Brossard, 17 octobre 1825, Laprairie
Toussaint-Jules Bourassa et Joséphine Brosseau, 9 août 1873, Laprairie
Aubert Bourassa et Adrienne Courville, 5 octobre 1926, Montréal
Robert Bourassa et Andrée Simard, 23 août 1958, Sorel