La famille Saint-Pierre
Louis Saint-Pierre. (Archives de l'auteure)


Par : Sylvie Tremblay

Le patronyme Saint-Pierre est le surnom de différentes familIes: Arbin, Artault, Boucher, Boulanger, Chalou, Dupuis, Jusseaume, Georgeteau, Lainé, Legardeur, Marquet, Perrault, Petit, Prudhomme, Renard, Rivet, Ronery, Rousset, Truel. Toutefois, la plupart des Saint-Pierre sont des descendants de Pierre de Saint-Pierre. Certaines branches de la farnille ont adopté le nom de Dessaint ou Dessein, contraction de la particule «de» avec la première partie du nom de familIe.

Des recherches en France ont permis de retracer les origines de la familIe Saint-Pierre jusqu'en 1393 dans la commune de Gouy, située au sud de Rouen, en Normandie. Selon le «chartrier de Belbeuf», un document d'archives produisant la liste des propriétaires terriens, Isambart de Saint-Pierre réside a Gouy. Par la suite, la familIe Saint-Pierre se déplace vers Rouen, en 1580. Le grand-père de l'ancêtre canadien, GilIes, épouse Marie Quéval, le 3 mai 1600, en la paroisse Saint-Godard de la vilIe de Rouen. Il meurt le 26 décembre 1638. Quatre ans plus tôt, son fils, Michel, avait épousé Françoise Engren, soit le 29 octobre 1634. De cette union, naissent cinq enfants dont trois survivent à la maladie, principale responsable de la mortalité infantile à cette époque. Pierre, l'ancêtre canadien, est baptisé le 26 avril1643 sur les fonts baptismaux de la paroisse Saint-Etienne des Tonneliers.

Comme bon nombre de nos ancêtres, Pierre de Saint-Pierre signe un contrat d'engagement en France pour une durée de 36 mois. Il arrive probablement en Nouvelle-France au cours de l'été 1664 et il travailIe pour Claude Charron de la Barre, un des principaux marchands de la ville de Québec. Toutefois, le 21 janvier 1665, le Conseil souverain casse cet engagement et Pierre Saint-Pierre sera désormais au service de Charles Cloutier, habitant de Château-Richer pour le temps restant. Il semble que Pierre de Saint-Pierre ait pris goût à la vie de la Côte-de-Beaupré. Après la fin de son engagement, nous pouvons émettre l'hypothèse qu'il demeure dans ce coin de pays au service de d'autres habitants comme homme à tout faire.

Il faut attendre 1679 avant de voir réapparaître Pierre de Saint-Pierre dans nos documents d'archives. Le 22 mars, il se présente devant le notaire Claude Aubert pour signer un contrat de mariage avec Marie Gerbert, fille de Mathurin Gerbert, originaire de Bretagne et ancêtre des familIes Jalbert, et de Marie Targer. Si Pierre compte 36 ans bien sonnés, la jeune mariée n'est agée que de 19 ans. De nombreux habitants de la Côte-de-Beaupré assistent le futur époux comme temoins, dont Jean PelIetier. Afin d'aider les nouveaux époux dans leur établissement, Mathurin Gerbert fait donation d'une certaine quantité de blé. Le mariage religieux est célébré le 24 avril 1679 en l'église Sainte-FamilIe de l'île d'Orléans.

Immédiatement après leur mariage, ils s'établissent à la Grande-Pointe, aujourd'hui connue sous le vocable de Saint-Roch-des-Aulnaies. Avec Jean PelIetier, Pierre de Saint-Pierre est le fondateur de cette localité située en aval de Québec sur la five sud du fleuve Saint-Laurent. Propriétaire d'une terre de treize arpents de front, Pierre de Saint-Pierre exploite ce domaine toute sa vie, jusqu'à son décès survenu peu de temps avant le 4 janvier 1726, sans que nous en connaissions la date exacte toutefois. Quant à Marie Gerbert, elIe survit à son époux jusqu'au 11 juin 1749. L'association des familIes Saint-Pierre a dévoilé une plaque lors de son premier rassemblement, en 1989, afin de témoigner de ces faits.

Du mariage Gerbert-Saint-Pierre sont nés quinze enfants entre 1680 et 1703. Deux seulement sont décédés en bas âge, huit filles épousent des habitants des environs et les cinq fils vont perpétuer le nom de Saint-Pierre. Les descendants se sont faits nombreux au fil des ans dans les comtes de Kamouraska, L'lslet et Montmagny. Mes recherches personnelIes en généalogie ont porté sur la famille de François Saint-Pierre et de Françoise Fortin, mariés le 26 juin 1820 à L'Islet. François (1792-1876) est issu de la branche ainée de la famille, de Pierre fils de l'ancêtre Pierre. Résidant à Trois-Saumons, à l'ouest de Saint-Jean-Port-Joli, François est le père de seize enfants. Mon arrière-grand-mère, Diana, est sa petite-fille, elIe-même fille de Gédéon. Je suis aussi apparentée à Marie-Arthemise, épouse d'Anthyme Fortin, et à son frère, Arthur. Ces deux derniers hommes exerçaient tous les deux la profession de meunier a Saint-Eugène-de-I'Islet. Plusieurs des fils de François ont quitté le village de L'lslet pour s'installer dans les hauteurs du comté et dans l'arrière-pays.