Par : Sylvie Tremblay
L'ancêtre unique des familles Godbout d'Amérique du Nord, prénommé Nicolas, est baptisé le 18 mai 1635 à Berneval-le-Grand, situé à environ quinze kilomètres à l'est de Dieppe, le long du littoral de la mer du Nord. Il est le cinquième enfant de Michel Godebout et de Colette Caron, famille qui en compte huit.
Nicolas Godebout reçoit une bonne instruction en France, apprenant à lire et à écrire et faisant son apprentissage de pilote. Il émigre en Nouvelle-France sans doute en 1654, car il est présent comme témoin le 15 avril 1655 dans une transaction notariée impliquant Louis-Théandre Chartier de Lotbinière et Jean Bourdon.
Il est étroitement lié aux activités de Jean Bourdon, un des premiers cartographes. Certains historiens et généalogistes présument que Nicolas Godebout a participé à l'expédition de Bourdon pour la découverte de la baie d'Hudson, à l'été 1657. À compter de 1658, il utilise sa connaissance du fleuve Saint-Laurent pour faire le transport de marchandises entre Tadoussac et Trois-Rivières. Ainsi, le 25 avril 1658, Jacques Maheu et Ignace Sevestre retiennent ses services pour le transport de marchandises sur le fleuve.
Le 9 janvier 1662, à Québec, il épouse Marie-Marthe Bourgouin, native de Paris, fille de Jean Bourgouin, bourgeois et secrétaire de la chambre du roi et de Marie Lefebvre. Malgré les absences fréquentes du foyer, confirmées par plusieurs documents, cinq enfants voient le jour entre 1663 et 1672, deux filles et trois fils.
Nicolas Godebout doit procurer une habitation décente à son épouse et aux enfants à naître. Ainsi, le 10 août 1662, il reçoit une concession de terre à l’île d’Orléans, qu’il exploite comme en fait foi les recensements de 1666 et 1667.
En 1670, le père jésuite Charles Albanel se rend à la rivière «Godbout» sur la Côte-Nord. À l'embouchure de la rivière, se trouve un poste servant à la pêche et au commerce des fourrures. Ce poste est situé à l'emplacement actuel de la municipalité de Godbout, et ce toponyme rappelle les activités de Nicolas Godebout sur la Côte-Nord.
Lors de son décès, à Québec, le 5 septembre 1674, à l'âge de 39 ans, il laisse une veuve et quatre jeunes enfants (l’aînée Marguerite meurt à l’âge de 5 ans en 1668); la communauté comporte beaucoup de dettes, mais parmi les biens personnels de Nicolas, on note «une carte marine» et un «papier concernant le voyage qu'il a fait sur la mer». Afin de subvenir aux besoins de ses enfants, Marie-Marthe Bourgouin se remarie, avec Antoine Marcereau, natif de Montbard en Bourgogne, le 2 juillet 1675. Après sept ans de vie commune, Marie-Marthe meurt, le 19 décembre 1682.
Parmi les descendants de Nicolas Godebout, figure Joseph-Adélard Godbout né à Saint-Éloi de Témiscouata, le 24 septembre 1892, fils d’Eugène Godbout, député de Témiscouata de 1921 à 1923 et de Marie-Louise Duret.
Après avoir étudié au séminaire de Rimouski, Joseph-Adélard poursuit des études supérieures en agronomie à Sainte-Anne-de-la-Pocatière et au Amherst Agricultural College dans l’État du Massachusetts.
À compter de 1929, Joseph-Adélard suit les traces de son père Eugène et devient député libéral. Il agit comme ministre de l’Agriculture dans le cabinet Taschereau, du 27 novembre 1930 au 27 juin 1936. À la suite de la démission de Louis-Alexandre Taschereau comme premier ministre, Joseph-Adélard Godbout assume cette fonction jusqu’au 26 août 1936. Défait aux élections de 1936, il est confirmé chef du parti Libéral lors d’un congrès tenu le 11 juin 1938. Réélu en 1939, il est premier ministre du Québec durant la majeure partie de la Seconde Guerre mondiale, soit du 8 novembre 1939 au 30 août 1944. Par la suite, il sera chef de l’opposition, de 1944 à 1948.
Joseph-Adélard Godbout est décédé à Montréal, le 18 septembre 1956, à l’âge de 63 ans et 11 mois et il a été inhumé à Frelighsburg. Il avait épousé Dorilda Fortin, fille de Florent Fortin et d’Éliza Lebourdais, à L’Islet, le 9 octobre 1923.
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