Les Casault
Louis-Jacques Casault est né à Montmagny, en 1808. Prêtre et éducateur, il fut supérieur du Séminaire de Québec et premier recteur de l'Université Laval, en 1852. Il est décédé en 1862. (Archives de Cap-aux-Diamants)


Par : Sylvie Tremblay

Le nom de famille Casault est étroitement lié aux origines de l’Université Laval qui célèbre ses 150 ans d’existence, puisque Louis-Jacques Casault, natif de Montmagny, en a été le fondateur et le premier recteur. D’où vient ce patronyme et quel est son origine? Pour le savoir, nous devons remonter quelque 250 ans dans le temps, au milieu du XVIIIe siècle.

Tout d’abord, précisons que les représentants des familles Casault, et ses variantes orthographiques dont Cazeau, peuvent être issus de différentes souches. Le premier immigrant à être venu en Nouvelle-France porte le nom de Jean Cazeau, natif du diocèse d’Oléron, en Béarn. Jean Cazeau exerce le métier de chirurgien et se fixe à Château-Richer. Le 12 août 1721, il épouse Madeleine Voyer, avec qui il fonde une famille nombreuse. Après 40 ans de vie commune, Jean Cazeau rend l’âme à Québec, au mois d’août 1761.

Les documents anciens nous permettent aussi de découvrir l’existence de François Cazeau, venu de l’Angoumois comme soldat, vers 1754. Il participe au commerce des fourrures. Après la Conquête, il opère un poste de traite de fourrures à Michillimakinac. Lors de l’invasion de la colonie britannique par les Américains, il soutient les rebelles en leur livrant fournitures, vivres et bateaux. Après l’échec de l'invasion, Cazeau est emprisonné à Québec avec son fils. Il finit ses jours en France, en exil.

Il ne faut pas oublier non plus le jésuite Jean-Joseph Casot, originaire de Liège, en Belgique. Arrivé à Québec, en 1757, il connaît lui aussi la période trouble de la Conquête et subit les conséquences de la prise de pouvoir par les Britanniques. Ces derniers saisissent les biens des jésuites et leur interdisent de recruter de nouveaux membres. Peu à peu, l’ordre disparaît. Jean-Joseph Casot sera le dernier jésuite vivant au Canada. Il est décédé le 16 mars 1800.

Finalement, mentionnons que deux hommes portant tous les deux le nom de Jean Casault ou Caseau se sont établis en Acadie. Le premier a épousé Marie Lauxeau, en 1722, à Port-Lajoie et le second, Louise Guilton, en 1752, à Louisbourg.

Revenons maintenant à la famille de Louis-Jacques Casault. Son grand-père, Jean-Baptiste, vit le jour le 11 juillet 1734, à Saint-Pierre Langers, commune de la Normandie, située entre Avranches et Granville. Arrivé en Nouvelle-France probablement vers 1759, nous le retrouvons à Montmagny en octobre 1762, où il commande, à Mathieu Durocher, la construction d’une chaloupe pour faire la pêche ou le cabotage sur le Saint-Laurent. En mars 1764, Jean-Baptiste Casault s’associe avec le même Mathieu Durocher et quelques autres hommes pour faire de la pêche à la morue pour le compte d’Alexandre MacKenzie, négociant de Québec. Au printemps 1767, Jean-Baptiste décide de s’établir de façon définitive à Montmagny et acquiert diverses parts de terre provenant de la propriété de la famille Michon.

Cette volonté d’établissement est affermie par le mariage entre Jean-Baptiste Casault et Rosalie Michon, célébré le 9 novembre 1767. De cette union, seize enfants naîtront, dont Thomas, qui pratique la profession de notaire entre 1812 et 1837. Par le jeu des alliances matrimoniales, les Casault sont associés aux familles Bernier, Blais, Boucher, Faucher, Taché et Talbot. Rosalie Michon est inhumée le 22 décembre 1820, à l’âge de 73 ans. Jean-Baptiste lui survit un an et demi et est inhumé le 11 juin 1822, à l’âge vénérable de 87 ans.

Un des fils de l’ancêtre, Jean-Baptiste-Louis, né le 21 avril 1783, épouse Françoise Blais, en 1807, à Montmagny. De cette union, est issu Louis-Jacques Casault, né le 17 juillet 1808, fils aîné du couple. Après avoir fréquenté une école locale, Louis-Jacques entreprend des études couronnées de succès au Séminaire de Québec. Il est ordonné prêtre, le 27 novembre 1831. Après une courte expérience comme vicaire de la paroisse de Cap-Santé, il revient au Séminaire de Québec où il est professeur de physique de 1834 à 1854, directeur des écoliers de 1843 à 1851 et finalement directeur de l’établissement, en 1851. Mais, c’est en tant que fondateur et premier recteur de l’Université Laval que le nom de Louis-Jacques Casault passe à la postérité. Il occupe le poste de recteur de la fondation de l’institution jusqu’en 1860, alors qu’il est remplacé par l’abbé Elzéar-Alexandre Taschereau. Il est donc nommé vice-recteur et reprend l’enseignement. De santé précaire, Louis-Joseph meurt le 5 mai 1862.

Deux des frères de Louis-Joseph ont mené une vie tout aussi remplie dans des sphères d’activité fort différentes. Louis-Napoléon, né en 1822, est admis au barreau, le 18 février 1847. Tout en pratiquant sa profession d’avocat, Louis-Napoléon enseigne le droit à l’Université Laval, de 1858 à 1891. Il siège à la Chambre des communes comme député de Bellechasse de 1867 à 1870, alors qu’il démissionne en raison de sa nomination comme juge de la Cour supérieure de la province de Québec. En 1894, il accède au prestigieux poste de juge en chef de la province. Il meurt à Québec, le 18 mai 1908.

Le benjamin, Louis-Adolphe, né en 1832, connut une carrière militaire exceptionnelle. De 1854 à 1857, en tant que membre de la Légion étrangère, il combat en Crimée et en Algérie. De retour au Canada, il joint les rangs du 100e régiment britannique d’infanterie levé en 1858. C’est en tant que lieutenant, qu’il servit en Angleterre, à Gibraltar et Malte. En 1868, Louis-Adolphe, s’enrôle dans les Forces canadiennes et il est promu au rang de lieutenant-colonel et chef d’état-major adjoint de la milice du Québec, qu’il commande jusqu’en 1876. À ce titre, il commande le régiment de Québec qui participe à l’expédition de la Rivière-Rouge, en 1870. Louis-Adolphe est décédé à Québec, le 2 juillet 1876.


http://www.genealogie.org/famille/cazeau/cazeau.htm