Par : Sylvie Tremblay
L’ancêtre des familles Gélinas, Étienne, est natif de la ville de Saintes, aux environs de 1624. Deux versions différentes circulent sur les origines familiales des Gélinas, connus au départ sous le nom de Gélineau. La première fait remonter les origines de cette famille au XVIe siècle. En effet, dans la région de Saintes, vivait le «juif Élie», dont le fils Olivier, né vers 1558, épouse Louise Roger, vers 1584. Olivier adopte le nom de famille «Jullineau», nom que l’on retrouve encore dans la Saintonge. Il a un fils, prénommé Joseph, qui se marie vers 1623, à l’église Saint-Eutrope de Saintes, avec Madeleine Morrison. De leur union est issu Étienne, ancêtre canadien, né vers 1624.
La seconde version, selon les recherches menées en France par les collabo-rateurs du fichier Origine (http://www.genealogie.com/fichier.origine/), donne comme parents possibles Charles Gélinas et Catherine Durand, sans autre précision. Chose certaine, le 26 juillet 1645, Étienne Gélinas unit sa destinée à Huguette Robert dans la ville de Saintes. De cette union, naîtront trois enfants, Jean, Thomas et Louise.
Étienne Gélinas pratique les métiers de «sargier», c’est-à-dire vendeur de serge, et de charpentier. Pour des raisons que nous ignorons et sur lesquelles nous pourrions spéculer fort longtemps, Étienne se résout à tenter l’aventure de la Nouvelle-France. Le 11 mai 1658, il est présent à La Rochelle, dans l’étude du notaire Jean Savin. Arnaud Peré pour Pierre Boucher, sieur de Grosbois, gouverneur de Trois-Rivières engage Étienne, en compagnie de son fils, Jean, à venir travailler, pour une durée de 36 mois, en Nouvelle-France. En raison du métier spécialisé d’Étienne, le salaire est très élevé, soit 108 livres tournois par année. Son épouse, Huguette Robert, demeure en France.
Après avoir terminé son engagement, Étienne se fixe à Cap-de-la-Madeleine. Les jésuites, seigneurs de l’endroit, lui concèdent une terre de deux arpents de front sur 40 arpents de profondeur, le 20 décembre 1661. D’autres transactions lui permettent d’augmenter ses possessions dans cette localité. Toutefois, le 22 novembre 1676, il se départit de sa propriété en faveur de Nicolas Gastineau. Nous le retrouvons cinq plus tard, soit le 12 octobre 1682, à Québec, alors qu’il épouse Marie Beauregard, veuve de Sébastien Langelier. Par la suite, il s’établit à Neuville, où il fait baptiser deux enfants, en 1684 et 1687. Qu’est-il advenu, nous ne saurions le dire, mais il semble être décédé dans la région de Québec. Quant à son épouse, elle est inhumée à L’Islet, le 24 octobre 1715.
Le représentant de la seconde génération en Nouvelle-France, soit Jean, signe un contrat de mariage le 17 octobre 1667, devant le notaire La Touche, avec Françoise de Charmesnil. Durant dix ans, il exploite encore les terres de Cap-de-la-Madeleine avec son père. Le 2 mai 1677, il reçoit une concession de deux arpents de front, de Charles Legardeur, dans la municipalité actuelle de Bécancour. Au mois de décembre 1716, d’un commun accord, Jean et Françoise se séparent de corps et de biens. Puis au début de l’année 1717, ils font donation de leurs biens à leurs enfants. Françoise décide de demeurer à Bécancour, chez sa fille Anne, épouse de Pierre Rochereau, alors que Jean choisit de résider chez son fils Étienne, à Yamachiche.
Le comédien Gratien Gélinas a su captiver les auditoires au cours d’une longue carrière professionnelle qui a débuté en 1935, à CKAC, à Montréal. Né à Saint-Tite-de-Champlain, le 8 décembre 1909, du mariage de Mathias Gélinas et de Geneva Davidson, il est un descendant en ligne directe à la onzième génération de l’ancêtre Étienne Gélinas. Ses personnages de Fridolin et de Tit-Coq feront partie du quotidien d’un large auditoire à la radio, au théâtre et au grand écran. En plus d’écrire des pièces de théâtre, Gratien Gélinas a occupé de nombreux postes administratifs au sein d’organismes reliés aux arts de la scène. Nous pouvons en mentionner quelques-uns comme l’Office national du film, la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne et le Comité consultatif du Musée des arts de la scène. L’œuvre de Gratien Gélinas a été reconnue de son vivant par diverses récompenses décernées par des universités canadiennes (onze doctorats honorifiques) et par ses pairs du domaine des arts. Gratien Gélinas a été reçu membre de l’Ordre national du Québec, en 1985, et de l’Ordre du Canada, en 1989. La médaille de l’Académie canadienne-française pour l’ensemble de son œuvre lui a été décernée, en 1988. Gratien Gélinas meurt à Oka, le 16 mars 1999.
En 1997, les Archives nationales du Canada ont fait l’acquisition du fonds Gratien Gélinas. Une description de ce fonds est disponible à l'adresse suivante : www.archives.ca
http://www.archives.ca
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