Par : Sylvie Tremblay
François Thibault a été baptisé le 28 juin 1647 dans la paroisse Sainte-Catherine de la Flotte, à l’île de Ré. Le 31 mars 1665, à l’âge de 18 ans, il signe un contrat d’engagement de 36 mois pour la Nouvelle-France. Domestique de Robert Paré, il décide de se fixer en terre d’Amérique une fois son engagement terminé. Le 14 octobre 1670, il épouse Élisabeth-Agnès Lefebvre, une fille du roi native de Paris avec qui il aura douze enfants. François Thibault et Élisabeth-Agnès Lefebvre figurent parmi les premiers habitants de la seigneurie de Vincelotte (au-jourd’hui Cap-Saint-Ignace), propriété de Geneviève de Chavigny. Cette dernière accorde sa première concession officielle à François Thibault le 9 avril 1674. Le patriarche a été inhumé le 10 novembre 1724 à Cap-Saint-Ignace ; son épouse Élisabeth-Agnès le rejoint dans l’au-delà au mois de juillet suivant. Cette famille Thibault a été la plus prolifique et les trois fils Jean-François, Jacques et Louis ont des milliers de descendants.
Toutefois, François Thibault n’est pas le seul et unique ancêtre des familles Thibault. À ce jour, neuf autres souches ont été retracées. Guillaume Thibault, né vers 1618 à Rouen, vient au second rang en ce qui a trait au nombre de descendants. Des recherches récentes ont permis d’établir sa présence une première fois en Nouvelle-France au cours de l’hiver 1638-1639 dans la région de Trois-Rivières. Par la suite, il retourne en France, plus précisément à La Rochelle, où il travaille comme boulanger. Le 10 avril 1643, il s’engage envers Pierre Cheffault, seigneur de la Côte-de-Beaupré, pour exercer son métier en Nouvelle-France.
En 1650, il se fixe sur la côte de Beaupré, près de la rivière du Sault-à-la-Puce, où il reçoit une concession de terre. En plus de cultiver, Guillaume Thibault exerce non seulement son métier de boulanger, mais aussi celui de tailleur d’habits. Le 11 janvier 1655, Guillaume unit sa destinée à Marie-Madeleine Lefrançois, une jeune fille originaire de la ville de Metz, dans le département de Moselle. De cette union qui dura 41 ans, interrompue par le décès de Guillaume, le 21 août 1686, à Château-Richer, sont nés huit enfants dont quatre fils qui se sont mariés.
Les huit autres ancêtres comptent beaucoup moins de descendants, mais méritent d’être mentionnés. Il y a Robert, originaire de Dijon en Bourgogne, qui après un court séjour à Montréal, s’établit à Détroit où il épouse Marguerite Prud’homme, le 1er septembre 1761. Dès la troisième génération, on retrouve leurs descendants en Louisiane où ils sont encore très nombreux.
Michel Thibault a épousé Jeanne Sohier en France, vers 1660. Il s’est établi à Saint-Augustin, dans le comté de Portneuf, où une rue rappelle d’ailleurs son souvenir. Ils ont eu six enfants, soit un fils, Jean-Baptiste, et cinq filles. Parmi ses descendants, on retrouve Jocelyn Thibault, ex-gardien de but des Canadiens de Montréal. Pierre Thibault dit Léveillé, ancêtre venu du sud de la France, a épousé Catherine Beaudry à Montréal, le 24 novembre 1687. Ils eurent quatorze enfants. Parmi leurs descendants, plusieurs sont allés s’établir en Ontario. Joseph-Jérôme Thibault dit Bellerose est né à Lille, en Flandre française, le 10 mars 1725. Il épouse Catherine Duval, dite Vinaigre, à Montréal, le 28 avril 1749. Un seul de leur fils, François, fait souche. Ses descendants s’établissent à Sainte-Scholastique (Mirabel). On en retrouve aussi en Californie et en France. Louis-François Thibault est venu de la paroisse Saint-Rémi, de la ville de Tours, d’où son surnom Tourangeau. Il épouse Théotiste Lefebvre à Saint-Ours, en 1785. On retrouve leurs descendants dans la région du Richelieu et sur la Côte-Nord. Finalement, Denis Thibault, du diocèse de Châlons-sur-Saône en Bourgogne, épouse An-drée Caillaud dans la paroisse Sainte-Famille de l’île d’Orléans, le 4 août 1667.
Deux ancêtres revendiquent le statut d’Acadien. Louis Thibault épouse Marie-Jeanne Piquot à Port-Royal, le 6 avril 1723. Plusieurs de leurs douze enfants ont subi la déportation de 1755. Si Armand-Grégoire a pu s’enfuir dans les bois et se fixer à Bécancour, les autres enfants ont été déportés à Boston et au Connecticut. Vers 1767, Amand-Grégoire voit cinq de ses frères et sœurs arriver à Bécancour où leurs mariages sont célébrés ou réhabilités. Trois de ses sœurs se marient à Yamachiche et Yves, l’aîné, qui avait été déporté à Boston avec sa famille, comptant déjà six enfants lors de ces terribles événements, retournent en Acadie vers 1767. Ses descendants se retrouvent surtout en Nouvelle-Écosse et en Nouvelle-Angleterre où certains sont devenus des Tibbetts. Une deuxième lignée acadienne a été formée par l’ancêtre Pierre Thébeau, originaire de Saint-Malo, en Bretagne, qui a épousé Jeanne Comeau à Port-Royal, en Acadie, le 26 novembre 1703. À la troisième génération, la déportation a dispersé la famille et nous retrouvons plusieurs descendants en Louisiane.
 |