La famille Garneau
Saint-Denys Garneau (1912-1943).
(Archives nationales du Québec à Québec).


Par : Sylvie Tremblay

Même si le patronyme Garneau a connu de nombreuses transformations orthographiques au fil des ans (Garnot, Garnaud...), il n'en demeure pas moins que tous les Garneau ont un seul et même ancêtre, soit Louis, natif de La Grimaudière, non loin de Mirebeau, département de la Vienne. Il y aurait vu le jour vers 1634, du mariage de Pierre Garneau et de Jeanne Barrault.

Le 11 avril 1656, il est présent à La Rochelle, où il signe un contrat le liant pour trois ans envers le marchand François Perron. Il fait la traversée au début de l'été 1656 sur le navire Le Taureau, en compagnie de 30 hommes. Parmi ses confrères de voyage, notons Jean Laurent dit Lortie, Louis Martineau et Pierre Ménard, ancêtres de d'autres familles québécoises. À son arrivée, Garneau travaille probablement dans les magasins de Perron ou comme homme à tout faire pour un habitant.

Toutefois, nous avons la certitude qu'il défriche des terres sur la Côte-de-Beaupré, dès l'été 1658. Le 7 juillet, Garneau devient propriétaire d'une terre située à la Longue-Pointe. Afin de faciliter son dur travail de défrichage, il s'associe avec Jacques Jacquereau, un immigrant saintongois qui reçoit lui aussi, en 1659, une concession de terre de Marguerite Couillard, veuve de Nicolas Macquart à L'Ange-Gardien, près du Sault-Montmorency. Suivant l'exemple de plusieurs de ses semblables, Garneau se départit de cette première terre après y avoir fait des travaux de base au mois de décembre 1661. Il s'établit de façon définitive avec l'achat de la propriété de Jacques LeRoy, le 23 décembre 1662. Il s'agit d'une terre de deux arpents de front à l'est de la rivière Montmorency, la troisième terre concédée vers l'est, dans la municipalité actuelle de Boischatel. De plus, le 21 octobre 1675, Louis Garneau loue pour neuf ans la terre voisine, propriété de Jean Grignon. Ce bail est reconduit en 1684 pour se conclure par un achat en 1687. Des Garneau ont habité cette terre jusqu'à tout récemment. Aujourd'hui, le lot a été subdivisé pour faire place au développement domiciliaire.

Au cours de l'été 1663, figure parmi le contingent des filles du Roi, Marie Mazouer, baptisée au temple calviniste de La Rochelle le 8 décembre 1643, où son père et son grand-père étaient hôteliers. Après la signature du contrat de mariage, le 9 juillet 1663, la cérémonie religieuse a lieu le 23 suivant dans la paroisse Notre-Dame-de-Québec. De cette union, sont nés huit enfants, dont quatre fils qui se marient tous à L'Ange-Gardien : François, Louis, Jean et Jacques. Après avoir fait donation de leurs biens à leurs fils, en 1695, les époux Garneau vont quitter ce bas monde. Louis, le 27 novembre 1712 et Marie Mazouer, le 8 août 1715.

Le nom de Garneau peut être associé à plusieurs personnalités contemporaines comme Louis, homme d'affaires, Marc, astronaute, Raymond, ministre dans le cabinet de Robert Bourassa et Richard, journaliste sportif. Dans le passé, d'autres membres de la famille ont été très actifs dans différentes sphères de la société. Mentionnons tout d'abord Pierre Garneau, né en 1823 à Cap-Santé, et décédé à Québec, en 1905. Pierre débute dans le monde des affaires en bas de l'échelle comme commis chez différents marchands de Québec. Il gravit rapidement les échelons pour devenir un prospère homme d'affaires spécialisé dans le commerce de détail sous la raison sociale P. Garneau et frère, en 1870. Il s'engage aussi dans d'autres domaines d'activité commerciale et ferroviaire. Il est maire de Québec de 1870 et 1874 et il siège comme député à l'Assemblée législative de la province de Québec, entre 1867 et 1904, sous diverses allégeances politiques et pour des périodes variées. Son fils, Édouard-Burroughs et son neveu Némèse ont également été députés à l’Assemblée législative de Québec.

Finalement, il y a aussi la lignée littéraire de la famille Garneau dont le plus connu de ses représentants est l'historien François-Xavier, né à Québec, le 15 juin 1809, puis décédé le 2 février 1866. François-Xavier reçoit une commission de notaire le 23 juin 1830 après avoir fait son apprentissage chez Archibald Campbell et il occupe la fonction de greffier de la ville de Québec. Son nom a été perpétué par ses nombreux écrits sur l'histoire du Canada. De son mariage avec Esther Bilodeau, sont nés dix enfants dont sept meurent en bas âge. Son fils Alfred et son arrière-petit-fils, Saint-Denys, ont hérité de la fibre poétique. Saint-Denys, né en 1912, connaît une fin tragique le 24 octobre 1943, en se noyant dans les eaux de la rivière Jacques-Cartier, à Sainte-Catherine-de-Fossambault.

Lignée ancestrale de Saint-Denys Garneau

Louis Garneau et Marie Mazouer 23 juillet 1663, Québec
François Garneau et Louise Carreau 7 février 1689, L'Ange-Gardien
François Garneau et Marie Cantin 7 novembre 1718, L'Ange-Gardien
Louis Garneau et Josephte Béland 10 janvier 1746, Saint-Augustin
Jacques Garneau et Geneviève Lainé 17 février 1772, Saint-Augustin
François Garneau et Gertrude Amiot 25 juillet 1808, Saint-Augustin
François-Xavier Garneau et Esther Bilodeau 25 août 1835, Québec
Alfred Garneau et Élodie Globensky 6 août 1862, Montréal
Paul Garneau et Hermine Prévost 25 avril 1910, Montréal
Saint-Denys Garneau